• Courte plongée à la plage du Camp Long dans l'Esterel

    J'ai profité d'un court séjour dans l’Estérel pour aller plonger parmi les roches rouges de ce vieux massif montagneux d'origine volcanique. Il y a beaucoup de sites potentiellement intéressants pour le snorkeling dans ce coin du Var mais comme ma fenêtre de temps de plongée est très courte je suis obligé d'aller sur un spot facile d'accès. J'ai choisi de visiter la façade rocheuse de la plage de Camp Long qui se situe entre la baie d'Agay et le cap Dramont.

    Le dramont

    La plage de Camp Long est située dans une petite crique dont l'ouverture sur le large est limitée par la présence de deux pointes rocheuses. C'est depuis le chaos de rhyolite rouge de l'une des pointes que je vais m'élancer dans la mer, même si à cet endroit il y a de la houle !

    L'eau est bonne, du moins avec la combinaison de 2 mm, elle est à 17°C, on sent que la belle saison approche. Par contre les pluies des journées précédentes ont rendu la mer peu transparente. Dans ces conditions faire de la photo sous-marine ne va pas être chose aisée ...

    banc de saupes

    En traversant la crique je tombe sur un petit objet flottant blanc ressemblant à un bout de plastique. On l'examinant de plus près je découvre qu'il s'agit d'une velelle (Velella velella), un hydrozoaire pélagique qui possède une sorte de voile sur sa face supérieure et qui lui permet de voguer au gré des vents. Ces derniers jours un grand nombre de ces animaux se sont échoués sur les plages de la région. Les velelles ne sont pas dangereuses car elles ne sont pas urticantes comme les méduses.

    velelle

    Un peu plus loin je croise la route d'un cténophore ailé ( Bolinopsis infundibulum) , un drôle d'animal translucide ressemblant à une méduse sauf que comme la velelle il ne possède pas de cellules urticantes. Je sens que je suis parti pour une thématique d'ufologie sous-marine avec tout ces étranges organismes flottants !

    cténophore

    Ce cténophore présente de magnifiques irisations rouges ou bleues provoquées par la diffraction de la lumière sur ses peignes ciliés. Cette caractéristique des cténaires ainsi que leur capacité à générer de la bioluminescence la nuit a inspiré le réalisateur James Cameron pour créer ses extraterrestres aquatiques dans le film abyss.

    cténophore

    Le spécimen qui se présente à moi semble en bout de course ... Son aspect général me paraît très abimé, il me laisse à penser qu'il a été attaqué par des poissons.

    En rentrant dans la crique et en me rapprochant de la plage la houle se calme. Dans les touffes d'algues j'observe de nombreux crénilabres de Roissal (symphodus roissali). Ci dessous une femelle reconnaissable aux taches noires présentes sur son ventre et à sa papille génitale bleue.

    crénilabre de roissal

    Je fais une petite apnée pour aller voir quelques sars qui nagent près du fond mais ils ne se laissent pas approcher. Au premier plan se trouve un sar commun (diplodus sargus sargus) et derrière lui un sar à tête noire (diplodus vulgaris).

    Revoilà un crénilabre de Roissal (symphodus roissali) femelle qui se cache parmi les algues. Avec sa livrée verte elle est parfaitement camouflée, seul son œil rouge trahit sa présence !

    crénilabre de Roissal

    Une paroi rocheuse ombragée est surveillée de près par un triptérygion rouge mâle en livrée de reproduction.

    triptérygion rouge

    Sur le rocher d'en face c'est une blennie pilicorne (parablennius pilicornis) qui monte la garde. Cette espèce de blennie est fréquente dans le Var. Elle apprécie le même biotope que la blennie gattorugine (parablennius gattorugine) et les ichtyologues ont remarqué que la blennie pilicorne avait tendance à la supplanter sur la Côte d'Azur. Par contre ce n'est pas le cas dans les Bouches du Rhône ou la blennie gattorugine est beaucoup plus fréquente. Les eaux plus fraiches dans les environs de Marseille semblent rebuter les blennies pilicornes qui sont originaires de l'Atlantique tropical.

    blennie pilicorne

     Dans un autre creux je surprends un gobie moucheté (gobius bucchichi) de belle taille.

    gobie moucheté

    Il ne fait guère cas de ma présence, son attention semble retenue par une source potentielle de nourriture localisée dans une petite fente rocheuse.

    gobie moucheté

    Entre la façade rocheuse et l'herbier qui tapisse une partie du fond de la crique plusieurs crénilabres ocellés (symphodus ocellatus) s'agitent par deux mètres de fond. Je fais quelques petites descentes pour aller les observer. 

    crénilabre ocellé

    De jeunes mâles semblent se mesurer au mâle dominant plus gros et plus coloré.

    crénilabre ocellé

    Les mâles en reproduction sont reconnaissables à leur ocelle et leur tête qui deviennent très colorées. l'ocelle se cercle d'un rouge vif et des veines bleues apparaissent sur les joues.

    crénilabre ocellé

    Voilà près d'une heure que je suis dans l'eau et il me faut déjà songer à mettre un terme à la randonnée palmée. j'aurais aimé prolonger le plaisir mais le timing de promenade est serré aujourd'hui. Je jette un dernier coup d’œil au paysage rougeâtre de l'Estérel en me disant qu'il faudra que je reviennes découvrir d'autres sites du coin plus sauvages. Se sera pour un prochain voyage !

    plage de Camp Long Dramont

    En contournant le cap du Dramont pensez à jeter un coup d'oeil à l'île d'Or. Ce massif rocheux est dominé par une grande tour, il aurait inspiré le dessinateur belge Hergé pour le décors des aventures de Tintin dans l'album de "L'île Noire". Un gros roc vertical situé juste à gauche de la tour aurait évoqué à Hergé le gorille géant "Ranko" qui garde le château de l'ïle Noire.

    ile d'Or

     

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