• Un petit tour dans la calanque de Saména

    L'été indien se poursuit en Provence et la saison du snorkeling peut continuer. Je vous emmène cette fois-ci dans la calanque de Saména, la première calanque que l'on rencontre quand on dépasse la Pointe Rouge et que l'on suit la route qui mène aux Goudes et à Callelongues. Dès que nous dépassons le quartier de Montredon nous entrons dans le parc national des Calanques et Saména en fait partie. Aujourd'hui la plongée promet d'être agréable car la température extérieure est très douce et l'eau est encore à 19°C.

    la calanque de Samena

    L’environnement de cette petite calanque est très agréable. L’accès se fait par des escaliers situés en face du restaurant les Tamaris. Un joli petit panneau nous indique le chemin à suivre.

    calanque de Samena

    Côté mer la vue n'est pas mal non plus, nous découvrons le village de Saména et le massif calcaire des calanques en arrière plan.

    calanque de saména

    Il faut cependant être vigilant lorsqu'on se balade aux abords de cette calanque car derrière l'image de carte postale paradisiaque se cache un passé industriel nauséabond. En effet, il faut savoir que le site a autrefois servi de lieu d'entreposage de terres chimiquement toxiques riches en arsenic et en plomb ! Certaines zones autour de la calanque portent encore les traces de cette ancienne contamination et sont balisées par des clôtures de piquets en bois. Aujourd'hui la plage est aussi propre que les autres plages marseillaises mais il ne faut en aucun cas pénétrer dans les enclos des alentours !

    Venons-en au monde sous-marin. Hors de la saison touristique la baignade est bien agréable car nous sommes peu nombreux dans l'eau ! En été, malgré les faits cités précédemment, la toute petite plage de la calanque est bondée.

    Aujourd'hui je file à l'eau équipé de ma combinaison de 2 mm, à 19°C cela suffit amplement. Je commence par longer la falaise rocheuse qui est riche en petites cavités. Très rapidement je tombe sur un tout petit poulpe (octopus vulgaris) qui se tient immobile dans un creux.

    poulpe

    Ce petit poulpe n'a pas l'air trop effrayé par ma présence et par l'éclairage de ma lampe, je sens même une pointe de curiosité chez lui et je reste un bon moment en sa compagnie.

    poulpe

    Je continue à explorer le long de la côte rocheuse et découvre dans un trou une grande crevette rose (palaemon serratus) qui semble attirée par la lumière de ma lampe et prend la pose. 

    grande crevette rose

    Un peu plus loin, je parviens à une zone battue par les vagues. Je repère à distance des girelles paons ballotées par le courant. Je distingue également quelques castagnoles (chromis chromis) qui forment de petits bancs en pleine eau quand on regarde vers le large. Mais comme la mer est ici très agitée elle est particulièrement troublée et chargée en particules. Dans cette partie de la calanque, impossible de prendre des photos.

    Je décide de traverser la petite anse pour me rendre sur l'autre rive rocheuse. Sur le chemin je ne croise pas beaucoup de poissons mis à part des castagnoles et quelques sars. Il faut dire que les pêcheurs sont très nombreux à fréquenter cette calanque, d'ailleurs je ne compte plus les plombs et les lignes de pêche que je trouve coincés parmi les rochers ...

    Sur la falaise rocheuse j'observe une jolie blennie gattorugine (parablennius gattorugine) au dessous de moi, vers 2 ou 3 mètres de profondeur. Je descend en apnée lui rendre visite et par la même occasion je découvre avec bonheur que mon sinus frontal me laisse tranquille contrairement à ma dernière sortie à Port-Cros.

    blennie gattorugine

    Pas très loin d'elle je repère une belle étoile de mer rouge (echinaster sepositus) posée sur la roche vers 3 mètres de fond, je descends également lui tirer le portrait. 

    étoile de mer rouge

    Je poursuis mes explorations en prenant le chemin du cap qui mène à la calanque voisine du "Mauvais Pas". Malheureusement des pêcheurs se sont installés à cet endroit et plusieurs lignes me barrent la route ... je suis obligé de faire demi tour.

    Au dessous de moi, vers 3 ou 4 mètres de profondeur je repère une petite crête rocheuse qui surplombe un modeste trou. Je décide de plonger voir un peu ce qui s'y cache. Mon apnée se passe bien, toujours pas de douleur aux sinus, ce qui me permet de découvrir tranquillement une jolie ascidie rouge (halocynthia papillosa), aussi appelée "outre de mer" accompagnée d'une castagnole juvénile dont les marques bleues présentes sur sa tête trahissent la jeunesse.

    ascidie rouge et castagnole

    Je remonte pour reprendre ma respiration et procède à une nouvelle descente pour essayer de refaire une image plus précise de l'ascidie rouge. Une fois de retour à son niveau je m'aperçois qu'elle a un peu changé, cette fois-ci son siphon filtrant supérieur s'est ouvert.

    ascidie rouge

    Comme le chemin est barré par les lignes des pêcheurs je n'ai pas trop de choix, je retourne vers la plage en longeant la falaise. Dans un recoin peu profond et très agité par les vagues je croise un gros banc de muges lippu (chelon labrosus) qui prend la fuite en passant juste devant moi.

    muges lippu

    Je réalise encore quelques images sur le chemin du retour en essayant de visiter les anfractuosités que je rencontre. Voici une belle anémone verte (anemonia viridis) dans sa configuration qui à mon goût est la plus esthétique, c'est à dire bien verte avec les pointes roses.

    anémone verte

    Les cavités que j'explore sont souvent très colorées, couvertes d'ascidies et d'éponges diverses.

    Ces coins ombragés ne sont pas beaucoup habités à ma grande surprise. Seule une blennie trigloïde (lipophrys trigloïdes) se présente devant mon objectif.

    blennie trigloïde

    Avant de sortir de l'eau je remarque une grande étoile de mer épineuse (coscinasterias tenuispina) à six bras qui est fixée sur la paroi ombragée d'un rocher.

    étoile de mer épineuse

    La sortie s'achève, même si le site n'est pas une réserve marine l'exploration détaillée des falaises de la calanque révèle quand même de belles surprises aux snorkelers curieux et observateurs. La calanque de Saména vaut également d'être visitée pour la beauté du site.

     


     

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    La calanque de Saména

     

    Saména est située à l'un des points d'entrée du massif des calanques sur la route des Goudes, le site fait partie du parc national des calanques, premier parc péri-urbain terrestre et marin d'Europe ! La crique est très belle, elle possède une minuscule plage de galets et elle est bordée de falaises riches en cavités intéressantes à visiter en snorkeling. Depuis la calanque de Saména on bénéficie d'un magnifique point de vue sur les Goudes et l'île de Maire d'un côté, et la rade de Marseille de l'autre. Malheureusement derrière ces paysages de carte postale se cache un passé industriel nauséabond. En effet, il faut savoir que le site a autrefois servi de lieu d'entreposage de terres chimiquement toxiques riches en arsenic et en plomb ! Certaines zones autour de la calanque portent encore les traces de cette ancienne contamination et sont balisées par des clôtures de piquets en bois. Aujourd'hui la plage est aussi propre que les autres plages marseillaises mais il ne faut en aucun cas pénétrer dans les enclos des alentours !

     

     

     


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