• Retour à Playa Las Coloradas à marée basse

    Pour cette seconde sortie à playa Las Coloradas je vais plonger à marée basse. Malheureusement il y a plus de houle qu'au moment de la première plongée et la visibilité sous l'eau est devenue assez mauvaise, il y a énormément de particules en suspension. Je vais quand même tenter le coup, on verra bien ce que çà donnera. Ce qui m'ennuie surtout c'est que les méduses pélagies sont toujours là et je vais devoir redoubler d'attention pour déceler et éviter leurs longs filaments urticants dans cette véritable purée de pois. 

    playa Las Coloradas

    Comme près des rochers du bord de mer l'eau est particulièrement chargée de particules, je tente d'aller voir plus loin vers le large si la visibilité est meilleure. En fait sur l'étendue sablonneuse il y a moins de débris en suspension mais l'eau est quand même trouble. Je parviens malgré tout à distinguer un grand banc de marbrés (Lithognathus mormyrus) qui passe au dessous de moi vers quatre mètres de profondeur. Les poissons sont nombreux, cela vaut le coup de descendre en apnée pour me joindre à eux. Par chance les marbrés ne sont pas très fuyants, ils me contournent à peine, du coup je profite du spectacle offert par la déferlante argentée qui circule autour de moi.

    banc de marbrés

    De retour près des rochers de la côte je retrouve les jolies éponges vérongias jaunes. J'ai lu sur un site de plongée qu'elles constituaient le met favoris de petites limaces de mer appelées tylodines jaunes, mais j'ai beau examiner les éponges que je rencontre je n'en trouve pas. Dommage ...

    vérongias

    Nager au dessus des zones d'éboulis n'est généralement pas très passionnant. Mais l'observateur attentif y trouvera toujours quelques animaux bien camouflés comme cette seiche (sepia officinalis). La voyez-vous ?

    seiche

    Au niveau du sol je repère pas mal de poissons lézards Atlantiques (synodus synodus), ils sont nombreux sur ce spot. J'essaye de me positionner face à lui sans le faire fuir pour mettre en évidence sa tête reptilienne et sa bouche particulièrement large. En regardant sa tête de plus près nous pouvons également remarquer la présence d'un tout petit point noir visible sur la pointe de son museau. Tout ces détails permettent de distinguer le poisson lézard Atlantique du poisson lézard rayé (synodus saurus). 

    poisson lézard

    Comme en pleine eau je ne distingue pas grand chose, je préfère visiter les petites cavités abritées de la houle. Dans l'une d'entre elles, j'observe une jolie petite rascasse qui ressemble un peu à notre petite rascasse rouge Méditerranéenne (scorpaena notata) avec sa petite tête et ses grands yeux. Mais il ne s'agit pas de la même espèce, cette rascasse photographiée à Lanzarote possède deux larges bandes sombres verticales sur le pédoncule et la nageoire caudale, je suis donc plutôt en présence d'une rascasse de Madère (scorpaena maderensis). Les petits points blancs alignés sur ses flancs sont également caractéristiques de cette espèce.

    rascasse de madère

    Le manque de limpidité de l'eau n'empêche pas les girelles paons (thalassoma pavo) de s'activer dans la zone battue par les vagues. Elles sont nombreuses à défiler à toute allure devant moi dès que je frôle un rocher et que je soulève un peu de substrat.

    girelles paons

    Les plus grosses sont des mâles, les femelles sont aisément identifiables car elles possèdent de petites bandes verticales bleu clair sur les flancs ainsi qu'une grosse tache noire sur le haut du dos.

    girelle paon femelle

    Là où l'on rencontre des girelles paons, les demoiselles à ailes bleues (abudefduf luridus) ne sont pas bien loin. Les deux espèces affectionnent les mêmes zones.

    demoiselle à ailes bleues

    Notons que Lanzarote abrite aussi une population de triptérygions. Alors qu'en Méditerranée nous pouvons croiser trois espèces différentes, ici il n'y en a qu'une seule, il s'agit du triptérygion jaune (tripterygion delaisi). Justement, je repère sur les rochers des petits fonds un mâle dans sa livrée jaune de reproduction. Sur la côte provençale ils occupent souvent l'étage inférieur de la côte (au delà de trois mètres de profondeur), les rochers éclairés proches de la surface étant plutôt le territoire des triptérygions rouges. Mais à Lanzarote notre petit poisson jaune se retrouve sans concurrence et nous montre qu'il apprécie lui aussi la zone maritime la plus lumineuse.

    Une fois sorti de l'eau pensez à explorer les petites piscines d'eau tiède qui subsistent à marée basse après le retrait de la mer. Vous y observerez de petits gobies qui se prélassent au Soleil dans leurs grosses flaques, il s'agit des gobies de Madère (mauligobius maderensis).

    gobie de Madère

    Ils sont souvent accompagnés par quelques petites crevettes à la carapace translucide, presque cristalline. Il faut bien ouvrir l’œil pour les remarquer.

    crevette

    Cette sortie compliquée touche à sa fin, la piètre transparence de la mer ne m'aura pas permis de faire beaucoup de photos exploitables aujourd'hui. Mais il me reste encore quelques jours pour profiter des fonds marins canariens, je retenterai ma chance demain.

    Pendant que je profites des derniers rayons de Soleil pour me réchauffer sur la plage, j'admire au loin vers le sud les cônes volcaniques de la grande île voisine de Fuerteventura dont la silhouette se distingue dans les brumes du couchant.

    vue sur Fuerteventura

     

    Après la plongée : Les vignobles de la Geria

    Au centre de Lanzarote, non loin du parc de Timanfaya, les agriculteurs canariens réalisent l'exploit de cultiver la vigne dans l'environnement sec et lunaire des paysages volcaniques de l'île.

    vignoble de la Geria

    Le raisins pousse sur l'épaisse couche de cendres volcaniques déposée sur la vallée de la Geria lors de la grande éruption de 1730 - 1736.  Cette couche de dépôts peut atteindre 1 à 2,5 mètres par endroit. Elle permet de conserver l'humidité au sol nécessaire pour que la vigne puisse se développer. De plus les zocos (de petits murets de pierres disposés en arc de cercle) les protègent des assauts du vent.

    Ce vignoble volcanique permet de produire plusieurs variétés de vins, les plus fameux étant la liqueur de muscat doux (Moscatel) et le vin blanc sec Malvaisa. Il est possible d'effectuer une dégustation dans les bodegas, les caves à vins de l'île.

     


     

    http://ekladata.com/pKZInWQrtNko3NvafqLPODA6V68/GPS-icon.png    

    Playa Las Coloradas à Lanzarote

    La plage de Las Coloradas est située au sud de l'île de lanzarote dans la station balnéaire de Playa Blanca. Il s'agit d'une plage de sable volcanique foncé et de galets dont l'ambiance est assez paisible, surtout hors saison estivale. La plage s'étire sur près de 400 mètres de long, elle est bordée à l'est et à l'ouest par de grandes falaises sombres où l'on trouve pas mal de faune marine à observer en snorkeling. L'intérieur de la baie comporte de grandes étendues sablonneuses. Au large de playa Las Coloradas se trouve le parc Atlantico où des statues sont immergées par quinze mètres de fond. Il s'agit d'une curiosité intéressante pour les plongeurs équipés de bouteilles qui peuvent aller nager au milieu des œuvres d'arts fixées sur les fonds sablonneux. Notons également qu'une belle promenade longe la plage et mène jusqu'à la marina de Rubicon. Cette promenade offre de magnifiques points de vus surplombant la mer et falaises volcaniques. Au loin, le regard porte jusqu'à l'île voisine de Fuerteventura.

     


      
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