• Une petite exploration de la rade de Port Cros

    Après notre escapade dans la baie de la Palud et une marche de près de quarante minutes nous sommes de retour dans la rade de Port Cros. Il nous reste un peu plus d'une heure de libre avant l'arrivée du bateau, c'est suffisant pour retourner un peu à l'eau ! Cette fois-ci pas besoin de combinaison vu que la température est clémente, le top néoprène suffit. Nous filons nous installer sur une petite esplanade qui donne accès aux falaises rocheuses qui bordent la anse du port. Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre en plongeant aussi près du passage des bateaux mais au moins çà nous rafraichira !

    rade de Port Cros

    Je rejoins François à l'eau et je remarque qu'il me fait de grands signes. Je m'approche de mon camarade et tombe nez à nez avec un loup d'une taille impressionnante, il est long comme le bras ! Je n'en ai jamais vu d'aussi gros, il doit certainement être très vieux. L'exploration commence bien !

    loup

    André nous rejoins à son tour, et pendant que nous admirons une belle anémone verte de couleur jaune nous nous retrouvons face à trois gros poissons pas très distincts car l'eau à cet endroit du port n'est vraiment pas très transparente.

    anémone verte

    Ils viennent dans notre direction puis nous contournent, il s'agit d'un banc de gros dentis (dentex dentex) ! Finalement on se dit qu'on a bien fait de descendre à l'eau, Port Cros réserve de belles surprises même dans son port ! Dommage que l'eau soit si peu claire, du coup la photo n'est pas formidable. Je vous la propose quand même car ce poisson n'est pas très répandu et que c'est l'une des rencontres fortes de la sortie.

    dentis

    Je me dirige maintenant vers la falaise rocheuse en direction de la pointe du Moulin à Vent qui correspond au cap nord de la rade de Port cros. Sur le trajet je repère une belle nacre (pinna nobilis) située dans un herbier de posidonies. On distingue un peu l'animal qui a légèrement entrouvert ses valves.

    grande nacre

    Pendant que je photographie la nacre, une méduse pélagie (pelagia noctulica) s'approche de moi. Elle semble plus en forme que celle que j'ai observée à la baie de la Palud. Celle-ci déploie quelques filaments urticants sous son ombrelle.

    pélagie

    Sur les rochers je rencontre une jolie blennie pilicorne (parablennius pilicornis). Comme elle me fait face et qu'elle semble inquiète de ma présence, elle me surveille d'un œil. On peut clairement voir sur la photo avec quelle dextérité une blennie parvient à dissocier le mouvement de ses deux yeux afin de surveiller d'éventuelles menaces pouvant surgir de différentes directions.

    blennie pilicorne

    La blennie ne semble vraiment pas rassurée par ma présence et elle part se réfugier dans son trou. Je lui tire un dernier portrait puis je la laisse tranquille.

    blennie pilicorne

    Le temps passe toujours trop vite quand on est dans l'eau ! Je commence déjà à entamer doucement le chemin du retour. Sur le trajet je jette un coup d’œil sous les rochers à un ou deux mètres de profondeur en espérant trouver une murène ou un congre. Je fouille les cavités étroites la tête en bas mais pour l'instant je remarque que les trous ne sont habités que par des concombres de mer !

    Le premier spécimen rencontré est une holothurie granuleuse (holothuria tubulosa) de couleur assez claire et qui présente de belles pointes caractéristiques de son espèce.

    holothurie granuleuse

    Dans un autre trou je tombe sur un concombre cracheur marron (holothuria sanctori) aussi appelé holothurie à pointes blanches. Cette dernière est plus rare et elle est bien plus intéressante car il s'agit d'une holothurie qui vit habituellement dans les eaux chaudes du sud de la Méditerranée. Son expansion vers le nord et donc vers les côtes françaises est considérée par les scientifiques comme un potentiel marqueur du réchauffement climatique. Remarquez également les petits pâtés de sable présents sur le bord droit de l'image, ce sont les déjections de l'holothurie. Ils témoignent de l'utilité écologique des holothuries qui se nourrissent en filtrant les particules organiques présentes dans le substrat ce qui permet de nettoyer les fonds marins et de les aérer.

    holothuria sanctori

    La troisième anfractuosité est la bonne, je tombe nez à nez avec un petit congre ! Il est caché tout au fond d'un trou assez profond. Malheureusement c'est le moment qu'a choisi la batterie de mon Olympus TG-4 pour me lâcher ... Après une journée intense de photographie elle s'est vidée et le congre restera seulement gravé dans mon souvenir. 

    Nous séchons rapidement nos affaires car le ferry ne va pas tarder à arriver. En tout cas Port Cros nous aura pleinement satisfait jusqu'au bout, nous sommes enchantés par cette magnifique journée d'observation sous-marine.

     

     


     

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    La rade de Port Cros 

     

    La rade de Port Cros est située dans le parc national de l'île de Port Cros dans le Var. Crée en 1963, il s'agit de l'un des plus anciens parc marin de Méditerranée. Pour rejoindre l'île il faut prendre le ferry entre le Port Saint-Pierre de Hyères et la rade de Port-Cros, mais il est également possible de partir du Lavandou. La rade de Port-Cros englobe le port de l'île, de ce fait il faut faire attention aux bateaux si l'on désire y plonger et le mieux et de rester près de la côte rocheuse et se cantonner à l'exploration des petits fonds qui sont couverts de posidonies. De belles observations y sont possibles et cela permet de faire passer agréablement le temps en attendant le ferry !

     

     

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