• Courte sortie hivernale à l'Anse du Sec

    Une belle parenthèse printanière s'est présentée au cœur de cet hiver maussade, une occasion à ne pas manquer pour sortir plonger ! En cette période hivernale beaucoup de poissons partent généralement vers des eaux plus profondes où la température de l'eau est stable, du coup il me semble plus intéressant de me rendre sur un spot où le principal attrait est la faune fixée, surtout que la saison de reproduction des nudibranches démarre ce mois-ci. Pour cette sortie je serai en binôme avec André et nous choisissons de nous rendre à l'Anse du Sec à la Ciotat.

    blennie diabolo

    Si certaines espèces de poissons de pleine eau ont migré vers les eaux profondes, ce n'est pas le cas des blennies qui sont toujours fidèles au poste sur leurs rochers ! C'est le cas de cette jolie blennie diabolo (parablennius incognitus) visible sur la photographie ci-dessus.

    En hiver le moment propice pour retourner à l'eau est surtout concentré entre midi et quinze heures, quand le Soleil est haut. Comme çà on ne se gèle pas en enfilant la combinaison et surtout en la retirant à la fin de la plongée ! Par contre la mer reste assez froide en février, sa température tourne autour de 13-14°C ....

    Les premières minutes passées dans l'eau froide ressemble à une séance de cryothérapie, on se dit qu'on est vraiment bargeots de se baigner en cette saison ! Quelques minutes plus tard l'eau piégée entre le corps et le néoprène de la combinaison monte en température et le désagrément s'atténue. Et puis dès les premiers coups de palmes l'attention se focalise sur autre chose, le plaisir de la découverte prend le dessus.

    L'émerveillement prend vite le pas sur le reste, l'oeil est attiré par les couleurs chatoyantes des fonds marins et de certains poissons comme ce triptérygion jaune (triptérygion delaisi) en livrée de reproduction que j'ai photographié vers trois mètres de profondeur.

    triptérygion jaune

    A l'étage supérieur des parois rocheuses nichent de nombreuses blennies à l'image de cette blennie de Zvonimir (parablennius zvonimiri) qui a trouvé refuge dans un petit trou perdu au milieu d'une colonie de zoanthaires jaunes (parazoanthus axinellae).

    blennie de Zvonimir

    Lorsqu'on étudie la faune fixée on tombe parfois sur des animaux très étonnant, c'est le cas avec cette nausithoé (nausithoe punctata). Il s'agit de polypes de méduses confortablement installés dans les alvéoles d'une éponge ! Les spécimens adultes de cette espèce sont très difficiles à observer car ils sont très petits et vivent généralement dans les eaux profondes.

    nausithoé

    Quant aux nudibranches j'ai pu observé une minuscule calmella, plus petite que l'ongle du petit doigt de la main. Je l'ai laissé à André qui a pu lui tirer un beau portrait. De mon côté je me suis focalisé sur une jolie flabelline mauve (flabellina affinis) qui se balançait sur une branche d'hydraire au grès des vagues.

    flabelline mauve

    La flabelline mauve est empêtrée dans les branches de l'eudendrium dont elle grignote les polypes avec gourmandise. Sur la photo sa tête est située vers le bas, on reconnaît ses cérates qui présente une couleur mauve foncé et des pointes claires. Le sujet ne se présente pas toujours sous le bon profil pour le photographe sous-marin mais peu importe, en aucun cas il faut s'amuser à déplacer ou manipuler les animaux juste pour réaliser de plus belles images. C'est l'une des règles fondamentales du plongeur photographe naturaliste. Et puis bien souvent il suffit d'être un peu patient, au bout d'un moment le sujet finit par montrer un profil plus intéressant.

    flabelline mauve

    Sous une éponge rognon je repère de fins et longs bras couvert de piquants, ils appartiennent à une ophiure araignée (ophiopsila aranea) qui vit cachée et ne sort ses bras que pour saisir sa nourriture. 

    ophiure araignée

    Sous un surplomb rocheux particulièrement ombragé je surprends une galathée commune (galathea squamifera) qui rejoint précipitamment sa tanière par crainte de la lumière de ma lampe de plongée. malgré la crainte engendrée par ma présence, elle reste à la fenêtre pour m'observer. Cela me laisse tout le loisir de lui tirer le portrait. 

    galathée

    Cette belle couronne rosée n'est pas une fleur sous marine mais le panache branchial coloré d'un ver sous-marin appelé serpule (protula tubularia). Il n'est pas toujours très évident de les photographier car ils craignent la lumière et se referment rapidement à l'approche du faisceau des lampes. Souvent il suffit même de bouger à proximité et de modifier légèrement le courant pour se faire détecter et le voir disparaître aussitôt.

    serpule

    En retournant vers le bord pour sortir de l'eau je rencontre un grand banc de saupes qui se distingue devant moi en ombre chinoise.

     

     


     

    http://ekladata.com/pKZInWQrtNko3NvafqLPODA6V68/GPS-icon.png    

    L'anse du Sec 

     

    L'anse du Sec fait partie du parc naturel des Calanques, elle est située au pied de l'imposant massif rocheux du Cap de l'Aigle à La Ciotat. Les falaises du Bec de l'Aigle sont les plus hautes falaises maritimes d'Europe, culminant à 394 mètres. La anse est accessible à pied en traversant le parc botanique du Mugel ou à la nage à partir du Petit Mugel et en dépassant la pointe de Nege Froume. Les fonds marins dans cette anse sont assez profonds, ils présentent un intérêt limité pour le snorkeler de surface. Par contre la anse est entourée de falaises de poudingues (conglomérats de galets) qui constituent dans l'eau de petits tombants ombragés où se développent du coralligène.

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Mercredi 26 Février à 19:25

    Je vous signale la création d'un nouveau forum dédié au snorkeling, n'hésitez pas à lui rendre visite à vous inscrire pour partager vos expériences, vos photos et découvertes :

    https://snorkeling-passion.forumactif.com/

    Il remplace l'ancien forum "snorkeling passion" qui a disparu récemment.

    2
    Coyote13
    Samedi 29 Février à 12:58

    Bonjour Laurent,

    Je connais beaucoup moins le milieu marin et la photographie "sous-marine" que toi, c'est pourquoi je me permets de te contacter pour quelques conseils.

    Je souhaite acheter un Olympus TG6 pour débuter, qu'en penses-tu? Je souhaite également acheter un caisson pour l'accompagner (Olympus PT-059), est-ce vraiment nécessaire pour le snorkeling, si on ne franchie pas les 10 mètres de profondeur, cela reste une "assurance" au niveau de l'étanchéité, non?

    Je te remercie par avance, je te souhaite de passer un bon week-end, et surtout un bonne année d'observations et de photos dans la Grande Bleue (ou ailleurshappy)

    Cordialement.

    David (Coyote13).

    3
    Samedi 29 Février à 22:57

    Bonsoir !

    Je ne connais pas le TG6 mais André et Gilles avec qui je plonge régulièrement ont un TG5 et ils en sont très content. Comme pour le TG4 le point fort est le mode macro. Je pense que le TG6 doit être de la même trempe.

    En ce qui concerne le caisson je le conseille vivement car même si les TG sont étanches et robustes les appareils photos finissent par s'abimer avec le temps à cause des incursions répétées dans l'eau salée, des coups donnés par inadvertance (par exemple quand les vagues nous poussent sur les rochers) ou tout simplement pour éviter qu'ils prennent l'eau à cause d'une trappe mal fermée ou d'un joint défectueux. Comme tu l'as souligné le caisson t'offre l'assurance que ton boitier photo restera très longtemps comme neuf !

    Bon week-end !

    Laurent

    4
    Coyote13
    Dimanche 1er Mars à 16:18

    Salut Laurent,

    J'ai suivi ton conseil, je viens de commander un pack avec le TG6 et son caisson. Maintenant, il ne me reste plus qu'à potasser pour pouvoir m'en servir au mieux. Je te remercie encore une fois et reste à l'affût de tes comptes rendus et tes magnifiques photos...

    @+. David.

    5
    Mercredi 4 Mars à 23:13

    Oui il faudra voir si les menus ont changé par rapport au TG-4. Celui que j'utilise le plus est le mode macro sous-marine symbolisé par un poisson clown, je le règle en zoom optique x2 ou x3. Après il te faudra un logiciel de traitement d'image pour retravailler les cadrages, le contraste et la colorimétrie (car je trouve que les photos natives tirent toujours trop sur le vert). De mon côté j'utilise Paint Shop pro 7, un concurrent du célèbre photoshop.

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