• Balade printannière autour des cavités du Petit Mugel

    Le printemps est trop doux dans le sud de la France, les journées sont souvent orageuses ou venteuses, bref, des conditions peu propices au snorkeling. Mais une agréable matinée ensoleillée s'est enfin profilée et elle m'a donné envie de retourner explorer le site du Petit Mugel et sa faune variée. L'eau est encore fraîche, seulement 16°C, mais compte tenu des conditions météorologique des semaines précédentes ce n'est pas très étonnant.

    Le Petit Mugel

    Pour cette première sortie de 2018 au Petit Mugel j'ai décidé de consacrer du temps à l'exploration des grottes sombres du site avec la lampe Qudos Action. On rencontre toujours une faune intéressante dans ces cavités qui semblent hors du temps et coupées du monde extérieur, à l'image de ce gobie de paganel (gobius paganellus) imperturbable, posé sur les galets de la cavité.

    gobie de Paganel

    En croisant une petite fraise de mer (aplidium elegans) il m'est venu l'envie de tester un peu la fonction microscope de l'Olympus TG-4. C'est un mode très intéressant mais qui nécessite de beaucoup s'approcher du sujet, de ce fait il vaut mieux que se soit une cible immobile. 

    fraise de mer

    Un peu plus loin je repère un beau pagure de roche (Clibanarius erythropus) qui déambule avec sa grosse coquille encroutée sur la surface d'une éponge.

    pagure de roche

    A l'entrée de la grotte je remarque un doris dalmatien (Peltodoris atromaculata)  qui grignote goulument une éponge pierre de couleur brique (petrosia ficiformis).

    doris dalmatien

    Sous un angle différent on s'aperçoit que le nudibranche a déjà bien entamé l'éponge dont il se délecte.

    doris dalmatien

    A l'extérieur des grottes je fais aussi de belles rencontres. Voici une grande blennie gattorugine (Parablennius gattorugine).

    blennie gattorugine

    Alors que je recherche de petits nudibranches parmi les algues je repère un minuscule crustacé clair qui semble être une araignée de mer juvénile.

    petite araignée de mer

    Un triptérygion rouge (Tripterygion tripteronotus) m'observe du coin de l’œil, il ne semble pas trop apprécier que je m'attarde sur son territoire !

    triptérygion rouge

    Je rentre maintenant dans une nouvelle grotte, mais je n'observe rien d'extraordinaire capable d'attirer mon regard. Seule une petite girelle commune (coris julis) crée de l'animation en se tortillant au dessus des galets. 

    girelle commune

    Tout au fond de la cavité je remarque quelques éponges et notamment de petits sycons (sycon elegans) parfaitement reconnaissables à leurs petits tubes ovoïdes de couleur beige et couverts de poils.

    sycons elegans

    Alors que je les photographie je mets un bon bout de temps à m'apercevoir que juste devant moi se cache une reine du camouflage parfaitement dissimulée dans son environnement : la rascasse brune (Scorpaena porcus). L'avez-vous repérée ?

    rascasse brune

    Je sors de la grotte pour passer à la suivante. Sur les rochers qui les sépare, des prairies d'algues harpons se sont développées. C'est le paradis des crénilabres qui en profitent pour y faire leur nid et s'y cacher. Parmi ceux-ci un crénilabre ocellé (symphodus ocellatus) présentant une livrée orangée plutôt originale s'est distingué.

    crénilabre ocelé orange

    J'ai également particulièrement apprécié l'observation d'un crénilabre ocellé mâle en livrée de reproduction qui montait la garde devant son nid et qui le défendait farouchement contre les intrus voulant s'en approcher d'un peu trop prêt. Qui a dit qu'il fallait aller sous les tropiques pour voir des poissons colorés !

    crénilabre ocellé mâle

    Je pénètre dans une dernière grotte qui me réserve quelques jolies surprises. A l'entrée de l'anfractuosité sous un pan de roche abrité de la lumière se trouve une colonie de zoanthaires jaunes (Parazoanthus axinellae).

    zoanthaires jaunes

    Cette grotte est plus profonde que les autres et elle est plus riche en éponges. En effectuant une exploration attentive de la zone je repère une petite étoile de mer pentagonale que je n'avais encore jamais observée, il s'agit d'une astérine bossue (asterina gibbosa). Elle est bien reconnaissable à ses bras courts et trapus.

    astérine bossue

    L'astérine bossue est également appelée étoile de shérif. Elle n'aime pas vraiment la lumière il n'est donc pas étonnant de l'avoir croisée dans une grotte.

    astérine bossue

    Au fond du tunnel, dans l'obscurité totale et dans très peu d'eau, je découvre un gros apogon commun (apogon imberbis). Encore un beau poisson de Méditerranée bien coloré !

    apogon

    Je fais une dernière image de l'apogon avant de prendre le chemin du retour. Cette nouvelle sortie au Petit Mugel a été à la hauteur de toutes les précédentes, ce site héberge vraiment une biodiversité incroyable.

    apogon commun

     


     

    http://ekladata.com/pKZInWQrtNko3NvafqLPODA6V68/GPS-icon.png       La calanque du Petit Mugel

    La calanque du Petit Mugel est située sur la commune de La Ciotat près du cap du Bec de l'Aigle et en face de l'île Verte. Le Mugel est une réserve naturelle qui offre un environnement minéral remarquable constitué de poudingues, des roches sédimentaires chargées d'anciens galets que la mer érode lentement, d'où la présence de nombreuses cavités à explorer en snorkeling.

     


     

     

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